Vivre dans un vaisseau spatial

Plus que l’éloignement de la Terre ou la claustration permanente, ce qui caractérise la vie dans un vaisseau spatial, c’est l’impesanteur ! Pour ses occupants, elle complique tout : les déplacements, le travail, les repas…

Le mal de l’espace

C’est étonnant : tel un plongeur sous-marin, le spationaute semble nager dans son vaisseau. Son poids n’est plus perceptible, les repères habituels comme le haut et le bas ont disparu.

De ce fait, les spationautes éprouvent souvent la désagréable sensation de tomber souvent dans le vide. Environ la moitié d’entre eux ressentent, durant les premiers jours, les symptômes du mal de l’espace : vertiges, nausées, vaumissements…

Puis l’organisme s’adapte. Néanmoins vont subsister des perturbations importantes affectant le système cardiovasculaire, le sens de l’équilibre, le squelette, les muscles (qui s’atrophient). L’organisme n’est pas en danger : il est simplement éprouvé.

La vie quotidienne

Comment organiser la journée d’un spationaute dont le vaisseau est si rapide qu’il lui offre seize levers de soleil par jour ? On l’adaptera au rythme de la vie sur Terre, l’heure officielle sera en vigueur au centre qui contrôle la mission.

Pour dormir, le spationaute se glisse dans un sac de couchage accroché à une paroi mais n’y trouve pas le réconfort d’une vraie nuit terrestre car les muscles ne se relâchent jamais totalement. Dans l’espace, on souffre souvent de son dos.

Au réveil, comme sur Terre, on se préoccupe de son corps. Les hommes se rasent, se lavent avec des serviettes humides. Pour les besoins naturels, des toilettes (d’aspect classique) existent : les excréments sont aspirés et stockés pour être détruits ultérieurement.

Et la santé ? Des médicaments variés aident à combattre les troubles habituels (douleurs, migraines, diarrhées ou constipation…). Quelques instruments de petite chirurgie sont également disponibles. Depuis le sol, par radio, des médecins peuvent aider à un diagnostic. A deux ou trois reprises, les Russes ont dû procéder au retour d’urgence sur Terre d’un cosmonaute.

Pour s’alimenter, une nourriture variée et agréable est disponible sous diverses formes (conserves, produits réfrigérés ou lyophilisés…).

Et les boissons ? En raison de leur tendance à se fragmenter en une multitude de gouttelettes, les liquides ne sont jamais laissés à l’air libre mais restent contenus dans des sachets plastiques d’où ils sont aspirés à l’aide d’un petit tube.

Les loisirs sont indispensables pour les longs séjours : lecture, musique, télévision, jeux sur ordinateur…

Gymnastique indispensable

Le plus mauvais souvenir d’un long séjour dans l’espace ? « La gymnastique quotidienne ! », les spationautes sont unanimes sur cette question mais ils n’ont pas le choix ; deux ou trois semaines d’impesanteur sans exercice musculaire les mettrait en danger.

Un organisme trop bien adapté à l’absence de pesanteur serait exposé aux troubles les plus graves en revenant sur Terre. Pour le maintenir en bonne condition et pour préparer le retour sur Terre, un seul remède : des exercices physiques (bicyclette, marche sur tapis roulant…). Sur Mir, les cosmonautes y consacraient jusqu’à trois heures par jour.

Article extrait de l’ouvrage « Un œil sur… l’exploration spatiale », CNES et éditions PEMF, 2003.

Crédits: CNES 



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date de dernière modification : Nov 4, 2005
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