Quitter son vaisseau
Les missions de la navette américaine et l’occupation continue de la Station Spatiale Internationale comportent fréquemment des « sorties extravéhiculaires », à l’extérieur du vaisseau, pour lesquelles les spationautes doivent revêtir un scaphandre pressurisé et climatisé. Par précaution, deux courroies les relient à leur vaisseau.
Sur la navette, ces sorties permettent l’inspection du vaisseau, le déploiement de grandes structures, la mise en orbite de satellites artificiels, la maintenance de certains satellites (comme le télescope spatial Hubble qui a connu quatre séries d’interventions en orbite depuis son lancement en 1990). En 1984, deux satellites en panne ont même été récupérés, ramenés au sol pour remise en état, puis de nouveau satellisés en 1990 !
Sur la Station Spatiale Internationale, actuellement en construction, les sorties extravéhiculaires sont indispensables pour faire avancer le chantier et déplacer des éléments. On estime que, d’ici à 2006, son assemblage va exiger plus de 150 sorties d’environ six heures chacune avec deux participants, soit l’équivalent de 2000 heures de travail extérieur.
A la veille du lancement du premier élément de la station, en 1998, on dénombrait déjà plus de 160 sorties extravéhiculaires – moitié du côté russe, moitié du côté américain – représentant plus d’un millier d’heures de travail passées dans le vide depuis 1965.
La plus longue de toutes ces sorties a été réalisée les 10 et 11 mars 2001, par deux Américains (Susan J. Helms et James S. Voss), à l’occasion d’aménagement à l’extérieur de la station ISS : elle a durée 8 h 56 min, le temps de parcourir… six fois (!) le tour de la Terre. Ces « marcheurs de l’espace », comme les appellent les Américains (spacewalkers), ont ainsi connu alternativement six courtes nuits et six périodes de forte clarté solaire.
Article extrait de l’ouvrage « Un œil sur… l’exploration spatiale », CNES et éditions PEMF, 2003.