Retour sur une expérience unique : rester allongée 60 jours pour simuler les effets de l'impesanteur.
L’expérience relatée est celle réalisée sur 12 femmes volontaires restées allongées 60 jours pour simuler les effets physiologiques d’un séjour prolongé en impesanteur.
Cette expérience s’est déroulée de février à mai 2005 et 12 autres femmes réalisent à nouveau cette expérience de septembre à décembre 2005.
Une étude essentielle pour faire avancer la recherche
Les vols spatiaux n’étant pas chose courante, il est primordial de faire des études au sol pour préparer les vols habités de longue durée. Des études d’alitement avaient déjà été effectuées sur des hommes puisqu’ils étaient beaucoup plus nombreux que les femmes à être allés dans l'espace. Or, le nombre croissant d'astronautes femmes a fait apparaître le besoin de réaliser ce type d’étude sur des volontaires féminins. L’expérience de mai 2005 fut donc la première à être réalisée sur des femmes.
Déroulement de l’expérience
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Les volontaires sont restées 100 jours dans une Clinique Spatiale (MEDES, à Toulouse) dont 60 jours allongées. 20 jours avant et après ont été consacrés à des séries de tests.
Les volontaires sont restées allongées la tête légèrement inclinée vers le bas (à 6°C) pour simuler les effets physiologiques d’un séjour prolongé en apesanteur. En effet, cette situation spécifique induit des changements physiologiques et psychologiques très similaires à ceux que rencontrent les astronautes lors des vols spatiaux :
Chacune de leurs activités (prises de repas, lecture, toilette etc.) est effectuée dans cette position.
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Leurs journées étaient rythmées par des séries de tests, des activités scientifiques et des temps de loisirs et de sommeil.
Les 12 femmes ont été réparties en 3 groupes. 4 d’entre-elles faisaient partie du groupe témoin. 4 autres ont reçu des compléments alimentaires et les 4 dernières ont été soumises à un programme régulier d’exercices musculaires combinés avec dépression de la partie inférieure du corps. Le but est ici de comprendre dans quelle mesure une nutrition adaptée et l’exercice physique peuvent compenser les effets négatifs de l’apesanteur chez les femmes astronautes.
Notons que ce type d’études bénéficie par ailleurs à la « médecine de tous les jours » puisqu’elle aura permis d’étudier l’effet de l’inactivité sur la santé.
Intérêt de la méthode choisie
Lorsqu'elles sont alitées, les volontaires n'utilisent pas les muscles qui leur permettent normalement de maintenir une station debout. Il en est de même pour les astronautes en raison de l'absence de gravité dans l'espace. Les muscles perdent donc leur fonction et leur masse. L'alitement anti-orthostatique est l'une des méthodes de simulation des effets de l'impesanteur. En plus des muscles, une simulation de l'adaptation à l'environnement spatial affecte également les os, la régulation de la fonction cardiaque et de la tension artérielle, la coordination des mouvements ou encore certains paramètres de la composition sanguine. Afin de simuler le transfert liquidien vers la partie supérieure de l'organisme, la tête des volontaires est légèrement inclinée vers le bas.
L'étude d'alitement anti-orthostatique réalisée sur des femmes a simulé aussi certains aspects psychologiques des vols spatiaux comme le confinement, la mobilité réduite, l'ennui et la monotonie. Ces effets négatifs y ont été examinés, contrôlés et atténués dans le cadre de l'étude.
L’ensemble des études a été réalisé par 12 équipes internationales composées de scientifiques de 11 pays différents.
Des conditions de participation
Il est bien évident que l’ensemble des participantes à l’étude est des volontaires (qui sont rémunérées pour leur participation).
Cependant, comme c’est le cas pour la sélection des astronautes, un certain nombre de critères conditionnent le choix des volontaires : ne pas avoir d’antécédents médicaux, être en bonne santé, non-fumeuses, sportives… et bien entendu motivée par l’expérience !
De nombreuses autres expériences de ce type (17 d’une durée de 1 à 90 jours) avaient déjà été réalisées mais une expérience longue durée n’avait jamais été le cas sur des femmes. C’est aujourd’hui chose faite pour 12 femmes (et bientôt 24) qui ont vécu comme des astronautes… sur Terre !
25/10/2005